Physiopathologie et prise en charge des kératites herpétiques liées aux virus herpes simplex résistants à l’aciclovir

Les kératites herpétiques (KH) causées par le virus herpes simplex 1 (HSV-1) représentent la cause principale de cécité d’origine infectieuse dans les pays développés [1], [2].

En l’absence de vaccin efficace contre les pathologies induites par le HSV-1, la prise en charge des KH repose sur l’usage curatif et préventif d’analogues nucléosidiques acycliques (ANA) anti-herpétiques [3] : en particulier, l’aciclovir (ACV) et ses dérivés. La stratégie prophylactique actuelle découle des résultats de l’Herpetic Eye Disease Study (HEDS), parus dans les années 1998–2000 [4], [5], et comprend la prescription pour une durée minimum de 6 à 12 mois d’ANA à dose préventive chez les patients souffrant de récurrences graves et/ou trop fréquentes.

Décrites pour la première fois en 1990, les KH causées par un virus résistant à l’ACV [6] semblent de plus en plus fréquentes et seraient favorisées par les traitements préventifs au long cours par ANA [7]. Les difficultés qui peuvent être rencontrées pour confirmer la résistance et l’absence de consensus pour leur prise en charge font des KH résistantes un véritable défi diagnostique et thérapeutique [8].

Dans cette revue, après quelques rappels généraux qui nous permettront de mieux appréhender les KH et leur prise en charge, nous aborderons les circonstances cliniques devant faire suspecter une KH causée par une souche de HSV-1 résistante à l’ACV, les moyens d’en obtenir une preuve virologique et les stratégies thérapeutiques disponibles dans cette situation, avec une attention particulière portée aux inhibiteurs de l’hélicase-primase (IHP), une nouvelle classe de molécules antivirales qui pourrait changer la donne dans ce contexte [9].

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