Situation et revue des indications de la kératoplastie à Madagascar

Les maladies cornéennes constituent une cause majeure de cécité et de perte de vision dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [1]. Qu’il s’agisse d’affections acquises ou constitutionnelles, les problèmes de la cornée peuvent entraîner une perte visuelle significative. Pour remédier à ces déficiences, la kératoplastie, qui est la transplantation d’une cornée pathologique par une cornée saine, est largement pratiquée [2].

Depuis de nombreuses années, cette procédure est exécutée dans divers pays avec des techniques modernes, ce qui en fait l’une des transplantations les plus courantes chez l’être humain [3]. Environ 185 000 kératoplasties sont réalisées chaque année aux États-Unis [4], et 25 000 par an en Inde [5]. La kératoplastie transfixiante, réalisée pour la première fois en 1905, a marqué le début des greffes de cornée. Au fil des décennies, les techniques de greffe ont évolué, notamment avec l’émergence des greffes lamellaires à partir de 1956. Ces dernières permettent de traiter plus spécifiquement certaines pathologies en ne remplaçant qu’une portion de la cornée. Selon la localisation et la nature des affections cornéennes, des greffes lamellaires antérieures, telles que la DALK (Deep Anterior Lamellar Keratoplasty), ou postérieures, comme la DMEK (Descemet Membrane Endothelial Keratoplasty) et la DSEK (Descemet Stripping Endothelial Keratoplasty), sont aujourd’hui pratiquées dans le monde entier [6], [7], [8].

Le service d’ophtalmologie du centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU-JRA) est l’établissement de référence nationale pour la prise en charge des pathologies de la cornée à Madagascar. Il centralise et constitue la liste d’attente nationale des patients nécessitant une kératoplastie. Ainsi, tout patient, quel que soit son lieu de résidence dans le pays, est orienté vers le CHU-JRA pour une prise en charge spécialisée en greffe cornéenne.

Cette étude vise à évaluer la situation de la kératoplastie à Madagascar compte tenu du manque de données disponibles sur cette pratique chirurgicale. Les objectifs incluent l’analyse du profil épidémiologique des patients, des indications de la kératoplastie et des techniques chirurgicales utilisées.

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